Le drame

Définition : D'un caractère général grave, mettant en jeu des sentiments pathétiques et des conflits sociaux ou psychologiques (par opposition à la comédie). Événement ou série d'événements tragiques opposant des êtres humains les uns aux autres. Pièce de théâtre de ton moins élevé que la tragédie, représentant une action violente ou douloureuse, où le comique peut se mêler au tragique.

1•Son origine ? Son histoire ? 

     Comme la comédie et la tragédie, le drame est un genre théâtral : au XVIIIe siècle, on a donné le nom de drame aux pièces qui ne suivaient pas les règles classiques de la tragédie. Le mot drame vient du grec drama qui signifie « action », et plus particulièrement « action se déroulant au théâtre », « pièce de théâtre ». C’est en 1762 que ce mot fait son apparition dans le dictionnaire de l’Académie française, qui le définit alors ainsi : « poème composé pour le théâtre et représentent une action soit comique, soit tragique ». Mais peu à peu, le mot prend le sens plus précis de « tragédie bourgeoise », et sert à nommer ce nouveau genre théâtral qui naît dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. En effet à cette époque, les goûts du public de théâtre changent. La tragédie, figée dans les règles classiques qui ont fait sa grandeur et sa gloire au XVIIe siècle (avec notamment Corneille et Racine), a désormais du mal à se renouveler. De plus, une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie, triomphe et impose ses choix : elle veut au théâtre moins de hauteur, moins de princes héroïques sur scène, et davantage de réalisme, c’est-à-dire une représentation plus fidèle de la vie privée et familiale, avec justement ses « drames » intimes et internes, qui allient le pathétique au sentimentalisme.

     Le drame au XVIIIe siècle, quand il naît, est facilement, de ce fait, édifiant et « larmoyant » : un fils repenti, qui avait quitté la maison de son père, revient demander pardon de ses fautes et de ses erreurs, dans une gestuelle pathétique, à la manière de la peinture bourgeoise et morale d’un artiste comme Jean-Baptiste Greuze. Le drame par sa représentation d’émotion vive qui en appelle aux pleurs du public, a lui-même donné naissance au mélodrame, genre qui triomphe au XIXe siècle sur les scènes des théâtres populaires parisiens. Le mélodrame vise un public en effet très populaire, et comme le dit Alfred Musset, il est fait « pour faire pleurer Margot ». Dès lors, le drame ne pouvait que dégénérer en spectacles faciles, fertiles en « coups de théâtre », et vite gagnés par les clichés et les conventions.    

 

2•Ses caractéristiques

           Aux nobles princes et héros de la tragédie, le drame préfère donc des personnages plus ordinaires : le fils indigne, le père de famille abandonné et mourant, ou encore « La Mère indigne » selon le titre d’un drame de Beaumarchais. De même, alors que le genre tragique exige un registre de langue sublime et soutenu, un langage élevé et recherché, aristocratique, composé idéalement d’alexandrin, le genre dramatique impose, lui, davantage de simplicité : un style plus sobre, en prose, une langue telle qu’on la parle dans les maisons bourgeoises, une langue donc plus spontanée et plus naturelle, dans un registre plus bas que le ton tragique, plus « médiocre », au sens latin (medius) de « moyen ».

                Le drame renonce ainsi au sublime, pour représenter davantage la vie quotidienne et affective réelle des gens, faisant verser au public des larmes de compassion et de sympathie devant ce qu’on appelle effectivement « les drames de vies privées ». Le drame représente alors l’intimité de la vie d’une famille, soumise aux hasards (et non à la fatalité, comme les héros de tragédie) de la fortune, avec intention moralisante, puisque le bien, la vertu, l’honnêteté, la fidélité sont toujours en fin de compte récompensés.

 

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Date de dernière mise à jour : 25/04/2019

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