Courant littéraire -Le Roman Courtois

                Au XIIe siècle apparaît en France une nouvelle forme littéraire : le roman courtois. C’est un long récit écrit en langue romane et qui célèbre l’idéal de courtoisie.

                Au Moyen Âge, beaucoup de textes étaient encore écrits en latin, la langue savante par excellence, par opposition à la langue romane ou langue française, elle était la langue usuelle, celle qu’on parlait couramment. Le mot roman, au Moyen Âge désignait donc, loin de son sens moderne, un « récit rédigé en langue romane ». Au XIIe siècle, les romans sont écrits en vers, généralement en vers octosyllabiques, mais pas toujours, puisque le « Roman d’Alexandre », qui conte les exploits légendaires d’Alexandre le Grand, est composé de vers de douze pieds (d’où alexandrin). Le roman courtois est un long poème qui narre les aventures d’un chevalier errant, valeureux, vertueux… et surtout amoureux de sa Dame, souveraine de son cœur, à qui il doit respect, dévouement, obéissance : toute sa vie et ses exploits sont donc consacrés à Elle seule. Le roman courtois exalte la courtoisie, un nouvel idéal de vie qui à partir du XIe siècle se développe dans les cours. La courtoisie (mot dérivé de cort, la « cour » en ancien français), c’est un art de vivre adopté dans les milieux aristocratiques, et qui s’oppose aux manières rustiques du monde paysan, ça correspond à une évolution des mentalités et des modes de vie : l’aristocratie rejette désormais la brutalité des mœurs féodales, viriles et guerrières, pour instaurer de nouveaux codes de comportement plus « civilisés », plus raffinés. La courtoisie donne à la femme une importance particulière, et célèbre la fin’amor, « l’amour parfait ».

                En littérature, les chansons de geste (comme la « Chanson de Roland »), qui content les exploits guerrier d’un héros de l’Histoire de France, cèdent peu à peu la place aux romans courtois, qui puisent plutôt leurs personnages dans les légendes bretonnes ou dans l’histoire de la mythologie antiques. Ces romans reflètent l’idéal de courtoisie : l’élégance d’un art de vivre, la délicatesse du sentiment et de l’expression, la distinction, la douceur du style et le don de soi au service de la Dame, à laquelle le chevalier se soumet totalement. Les exploits et les prouesses viennent en effet de l’Amour seul ; l’amant se bat pour sa Dame, dans une soumission totale où il s’oublie lui-même. Lancelot est le modèle du héros courtois, dans le roman le « Chevalier à la Charrette » : parti pour sauver sa souveraine, il doit au cours de ses aventures aller dans la charrette d’infamie conduit par un nain maléfique, mais Lancelot avant de monter qui est le symbole du déshonneur, hésite un court instant… La Dame ne pardonne jamais cet instant où le chevalier n’a pas choisi entre Amour et Honneur, puisque l’Amour est la seule loi possible. Le plus illustre auteur de cette littérature courtoise est à la cour de Champagne, c’est Chrétien de Troyes. Ses romans sont tous inspirés, dans leur majeure partie, par ce qu’on appelle la « matière » de Bretagne, c’est-à-dire par les légendes de la cour du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde ; le Chevalier de la Charrette, bien sûr, et aussi Érec et Énide, le Chevalier au lion (Yvain), Perceval ou le Conte du Graal…

Date de dernière mise à jour : 06/02/2019

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