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Pierre Corneille

Pierre Corneille est né en le 6 juin1606 à Rouen. Son père avait le titre d'avocat du roi à la table de marbre ; c'est-à-dire qu'il officiait au tribunal en lien avec les eaux et les forêts. Il suit des études chez les jésuites dans la ville de sa naissance puis s'engage vers le droit, conformément au désir parental. Il ne montra pas de disposition ni de réussite particulière dans cette activité.

Sa première expérience de théâtre, il la doit à un singulier hasard amoureux. Il écrivit une comédie qui racontait sa propre expérience avec l'un de ses amis : celui-ci l'avait présenté à une fille pour que Corneille lui dise son avis à son propos. Il fut tellement séduit qu'il devint un rival. La pièce qui en sortit eu pour nom celui de la demoiselle : « Mélite ». Corneille alla l'offrir à une troupe d'acteurs de Paris et rencontra un grand succès dans les rues. Cette réussite l'encouragea à persévérer dans la voie théâtrale, au détriment du droit. Les quatre années suivantes, il rédigea deux autres comédies : « Clitandre » et « La Veuve ». Elles plurent tant que Nicolas Boileau le déclara être le premier poète dramatique français.

Ces succès, en outre, suscitent l'intérêt du cardinal Richelieu, qui avait lui-même des velléités pour le théâtre. Il disposait, pour cela, de plusieurs secrétaires qui devaient mettre en vers ses idées, voire de créer des pièces. Corneille se voit offrir une place dans ce secrétariat, qu'il accepte, ayant à charge toute sa famille. Il continue alors de composer, à son propre compte, des comédies associées à plusieurs représentations : « La Galerie du Palais », « La Suivante », « la Place Royale ». Outre celles-ci, il donne sa première tragédie, « Médée ».

La collaboration avec Richelieu finit vite, sûrement à cause d'une pièce commandée par le cardinal avec laquelle Corneille avait pris certaines libertés d'écriture. On lui retire alors sa protection ainsi que ses bénéfices. Corneille retourne alors vivre à Paris et souffre de cet isolement. Il s'apprête même à abandonner le théâtre, lorsqu'un ancien secrétaire de Marie de Médicis lui conseille de puiser une nouvelle inspiration dans l'art espagnol, et notamment Le Cid, de Guillen de Castro. La version qu'il donna du « Cid » fut un immense succès, d'autant plus prisé que c'était la première fois que l'on assistait à une intrigue noble véritablement touchante, avec une tension dramatique qui repose sur de nobles sentiments et de devoirs sacrés. Cette pièce fut le sujet d'une polémique, notamment enclenchée par un Richelieu jaloux. Il obligea l'Académie à prendre position quant à la qualité de l'œuvre, et pour savoir si elle répondait aux codes classiques et nobles de la tragédie. Plus précisément, la tragi-comédie de Corneille était d'un type nouveau : l'action physique est dans les coulisses, seulement rapportée par les mots ; conception nouvelle de l'obstacle à franchir pour le héros ; affrontement passionnel inédit. Cela est jugé invraisemblable par les critiques. Mais l'Académie elle-même s'inclina devant le talent de Corneille.

Corneille répondit aux polémiques en produisant d'autres pièces de qualité équivalente, avec « Horace », « Cinna », « Polyeucte » et « La Mort de Pompée ». Il a également écrit la comédie « Le Menteur », dont la qualité fut notamment louée par Molière. Néanmoins, à partir de « Polyeucte », les chefs-d'œuvre de Corneille sont derrière lui. Il faut dire que les dernières pièces : « Héraclius », « Nicomède », « Pertharite », « Œdipe », « la Conquête de la Toison d’or », « Sertorius », « Sophonisbe », « Othon », « Agésilas », « Attila » subirent la concurrence d'un certain Jean Racine. Il faut notamment évoquer l'anecdote suivante : Henriette d'Angleterre, belle-sœur du Roi, voulut que les deux dramaturges s'affrontassent sur un même sujet, à savoir les Adieux de Titus et de Bérénice. Ce fut une cuisante « défaite » pour Pierre Corneille.

Miné par le peu de succès de ses dernières pièces, et notamment celui de « Suréna » en 1674, Corneille quitte le monde du théâtre pour rentrer dans celui de la religion. Il se mit à la traduction de l'Imitation de Jésus-Christ, qui lui prit douze années. Corneille vécut la fin de sa vie dans le dépit du succès de Racine, pensant ses propres pièces seulement victimes d'une opinion publique aux goûts volatiles. Il mourra à soixante-dix-huit ans, écrasé par la maladie le 1 octobre 1684. Trois mois après cette mort, Racine prononça un vibrant éloge à l'endroit de Pierre Corneille, au cours de la cérémonie d'intronisation de Thomas Corneille, successeur de son frère à l'Académie Française.

Date de dernière mise à jour : 04/11/2021

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